Monday, October 21, 2019

FR -- Manlio Dinucci -- L'Art de la Guerre -- Erdogan veut la Bombe


L’Art de la Guerre
Erdogan veut la Bombe
Manlio Dinucci

FRANÇAIS  ITALIANO PORTUGUÊS


“Certains pays ont des missiles nucléaires, mais l’Occident ne veut pas que, nous, nous puissions en avoir. C’est inacceptable” : cette déclaration du président Erdogan révèle que la crise va au-delà de celle ouverte par l’offensive turque en Syrie.

  En Turquie, pendant la guerre froide, les USA déployèrent des armes nucléaires contre l’Union Soviétique. En 1962, dans les accords avec l’URSS pour la solution de la crise des missiles à Cuba, le président Kennedy promit de retirer ces armes de la Turquie, mais cela ne fût pas fait. La guerre froide finie, sont restées en Turquie, dans la base aérienne d’Incirlik, environ 50 bombes nucléaires étasuniennes B61 (les mêmes que celles basées en Italie à Aviano et Ghedi), dirigées principalement contre la Russie. De cette façon autant les USA que la Turquie violent le Traité de non-prolifération. Des pilotes turcs, dans le cadre de l’OTAN, sont entraînés (comme les pilotes italiens de la base de Ghedi) à l’attaque avec des bombes nucléaires B61 sous commandement USA. Sous peu, les B61 devraient être remplacées par les USA même en Turquie (comme ce sera fait en Italie et dans d’autres pays européens) par les nouvelles bombes nucléaires B61-12, elles aussi pointées principalement contre la Russie.

   Entretemps cependant, après l’achat turc de missiles anti-aériens russes S-40, les USA ont retiré la Turquie du programme du F-35, principal vecteur des B61-12 : le chasseur dont la Turquie aurait dû acheter 100 exemplaires et dont elle était co-productrice. “Le F-35 - a déclaré la Maison Blanche- ne peut pas co-exister avec le système anti-aérien S-400, qui peut être utilisé pour connaître les capacités du chasseur”, c’est-à-dire peut être utilisé par la Russie pour renforcer les défenses contre le F-35.

  En fournissant à Ankara les missiles anti-aériens S-400, Moscou a réussi à empêcher  (du moins pour le moment) que sur le territoire turc soient déployés 100 chasseurs F-35 prêts à l’attaque  avec les nouvelles bombes nucléaires étasuniennes B61-12.
 
  Il semble en ce point probable que, parmi les options considérées à Washington, il y ait celle du transfert des armes nucléaires USA de Turquie vers un autre pays plus fiable. Selon le Bulletin des Scientifiques Atomiques (USA), référence autorisée en la matière, “la base aérienne d’Aviano peut être la meilleure option européenne du point de vue politique, mais n’a probablement pas assez d’espace pour recevoir toutes les armes nucléaires d’Incirlik”. Mais l’espace pourrait être trouvé, étant donné qu’à Aviano ont déjà commencé des travaux de restructuration pour recevoir les bombes nucléaires B61-12.

  Sur ce fond se place la déclaration d’Erdogan qui, s’appuyant aussi sur la présence menaçante de l’arsenal nucléaire israélien, annonce l’intention turque d’avoir ses propres armes nucléaires. Projet peu aisé mais non irréalisable. La Turquie dispose de technologies militaires avancées, fournies notamment par des sociétés italiennes, surtout Leonardo. Elle possède des dépôts d’uranium. Elle a de l’expérience dans le domaine des réacteurs de recherche, fournis en particulier par les USA. Elle a lancé la réalisation de sa propre industrie électronucléaire, en achetant quelques réacteurs à la Russie, au Japon, à la France et à la Chine. Selon certaines sources, la Turquie pourrait s’être déjà procurée, au “marché noir nucléaire”, des centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium.

  L’annonce d’Erdogan que la Turquie veuille devenir une puissance nucléaire, interprétée par certains comme un simple jeu d’enchère pour avoir plus de poids dans l’OTAN, n’est donc pas à sous-évaluer. Elle découvre ce qui en général est caché dans le débat médiatique : le fait que, dans la turbulente situation provoquée par les politiques de guerre, un rôle de plus en plus important se trouve joué par la possession d’armes nucléaires, en poussant celui qui n’en a pas à se les procurer.

Édition de mardi 22 octobre 2019 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio





DÉCLARATION DE FLORENCE
Pour un front international pour la sortie de l’OTAN/NATO
DANSK DEUTSCH ENGLISH ESPAÑOL  FRANÇAIS ITALIANO  NEDERLANDS
PORTUGUÊS ROMÎNA SLOVENSKÝ SVENSKA TÜRKÇE РУССКИЙ

Manlio Dinucci

Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio, Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016, Guerra Nucleare. Il Giorno Prima 2017; Diario di guerra Asterios Editores 2018; Premio internazionale per l'analisi geostrategica assegnato il 7 giugno 2019 dal Club dei giornalisti del Messico, A.C.(Prix international pour l’analyse géostratégique attribué le 7 juin 2019 par le Club des Journalistes du Mexique, A.C.)


No comments:

Post a Comment

Note: Only a member of this blog may post a comment.

MOON OF SHANGHAI

MOON OF SHANGHAI
Click image


APPEAL TO THE LEADERS OF THE NINE NUCLEAR WEAPONS’ STATES

(China, France, India, Israel, North Korea, Pakistan, Russia, the United Kingdom and the United States)

中文 DEUTSCH ENGLISH FRANÇAIS ITALIAN PORTUGUESE RUSSIAN SPANISH ROMÂNA

Larry Romanoff,

contributing author

to Cynthia McKinney's new COVID-19 anthology

'When China Sneezes'

When China Sneezes: From the Coronavirus Lockdown to the Global Politico-Economic Crisis

manlio + maria

LARRY ROMANOFF on CORONAVIRUS

Read more at Moon of Shanghai

World Intellectual Property Day (or Happy Birthday WIPO) - Spruson ...


Moon of Shanghai

J. Bacque

20 questions to Putin

President of Russia Vladimir Putin:

Address to the Nation

Address to the Nation.


The President of Russia delivered the Address to the Federal Assembly. The ceremony took place at the Manezh Central Exhibition Hall.

January 15, 2020

State of the Nation

índice


“Copyright Zambon Editore”

PORTUGUÊS

GUERRA NUCLEAR: O DIA ANTERIOR

De Hiroshima até hoje: Quem e como nos conduzem à catástrofe

ÍNDICE

me>

TRIBUTE TO A PRESIDENT


NA PRMEIRA PESSOA

Um auto retrato surpreendentemente sincero do Presidente da Rússia, Vladimir Putin

CONTEÚDO

Prefácio

Personagens Principais em 'Na Primeira Pessoa'

Parte Um: O Filho

Parte Dois: O Estudante

Parte Três: O Estudante Universitário

Parte Quatro: O Jovem especialista

Parte Cinco: O Espia

Parte Seis: O Democráta

Parte Sete: O Burocrata

Parte Oito: O Homem de Família

Parte Nove: O Político

Apêndice: A Rússia na Viragem do Milénio


Daniele Ganser

Açores


Subtitled in EN/PT

Click upon the small wheel at the right side of the video and choose your language.


xmas





“Glory to God in the highest,

and on Earth

Peace, Good Will toward men.”

This Christmas, Give Peace