Monday, September 28, 2015

Paul Craig Roberts : David Ray Griffin analyse le 11 septembre et le Réchauffement climatique

Paul Craig Roberts, le 15 septembre 2015




Paul Craig Roberts : David Ray Griffin analyse le 11 septembre et le Réchauffement climatique

D’une manière logique et factuelle qui porte sa marque, David Griffin étudie si le réchauffement climatique mondial est une fausse théorie de la conspiration comme la théorie conspirationniste de Washington sur le 11 septembre.

C’est un article long, mais divisé en trois parties. L’article vous aidera à comprendre la politique sur ces sujets.


http://www.paulcraigroberts.org/2015/09/15/david-ray-griffin-examines-911-global-warming/

Le 11 septembre et le réchauffement climatique : sont-ils tous deux de fausses théories de la conspiration ?

Par David Ray Griffin

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Introduction

Le 11 septembre 2015 « Centre de clarification d’informations » - Certaines personnes ont prétendu que le réchauffement climatique était un mensonge conspirationniste destiné à tromper les gens pour des raisons pernicieuses. La plus connue de ces personnes est le Sénateur de l’Oklahoma James Inhofe, qui a publié en 2012 un livre intitulé The Greatest Hoax (Le canular le plus énorme), qui avertit les gens sur ce « complot du réchauffement climatique mondial ».

Certains membres du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre ont soutenu cette vision. Croyant que l’administration Bush-Cheney avait réalisé un complot avec d’autres pour prétendre à tort que l’Amérique avait été attaquée par des Musulmans le 11 septembre, ils disent que la fausse théorie du complot  gouvernemental sur le 11 septembre devrait nous rendre attentifs au fait que d’autres affirmations du gouvernement  pourraient également être des complots pour induire le public en erreur.

Les soupçons à propos des complots du gouvernement ne sont pas sans fondement. Les affirmations selon lesquelles le gouvernement américain aurait fourni des comptes-rendus erronés sur tel ou tel évènement sont généralement rejetées par la presse. Depuis l’époque du rapport de la Commission Warren, qui n’a pas fait taire les soupçons sur l’assassinat du Président J. Kennedy qui était un coup monté de l’intérieur, les croyances sur d’immenses crimes des gouvernements ont été tournées en dérision par la CIA et la presse, et qualifiées de « théories du complot » au sens péjoratif du terme. Les gens qui professent de telles croyances sont tournés en ridicule et qualifiés de « théoriciens de la conspiration », une étiquette qui implique que leur revendication est évidemment fausse.

Néanmoins, comme Lance de Haven-Smith l’a présenté dans son livre de 2013 « Conspiracy Theory in America », il est bien connu que le gouvernement américain a bien orchestré des complots ayant eu d’énormes conséquences, tels que l’incident du Golfe du Tonkin et l’affaire Iran-Contras, ainsi que, plus récemment, les allégations que l’Irak ait été impliqué dans les attentats du 11 septembre et était prêt à utiliser des armes de destruction massive.

Donc si les gens, croyant qu’il y ait des preuves évidentes que le 11 septembre était un coup monté de l’intérieur, sont au courant de l’implication du gouvernement américain dans ces autres complots, il n’y a aucune raison valable de douter qu’il y ait eu d’autres exemples de complots qui ont été orchestrés au plus haut niveau.

En particulier, si l’on admet que le 11 septembre était effectivement un coup monté de l’intérieur, cette hypothèse constituerait-elle un bon exemple de fond pour soupçonner que le réchauffement climatique ait été le résultat d’un complot destiné à tromper ?

La phrase « théorie du réchauffement climatique mondial » est utilisée comme raccourci pour une quadruple conviction :

-        L’augmentation du pourcentage de CO2 et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère provoque une augmentation de la température moyenne sur la planète.
-        La principale cause de cet accroissement des gaz à effet de serre est la combustion des énergies fossiles.
-        Le réchauffement climatique mondial provoqué par ces émissions de combustibles à énergies fossiles commence à modifier le climat.
-        Ce changement climatique, s’il se poursuit, deviendra de plus en plus destructeur.

Parce que cette quadruple conviction est défendue par virtuellement tous les climatologues du monde entier, la théorie du réchauffement climatique peut également être qualifiée de « position de la science climatique ». Les personnes et les organisations qui contestent la météorologie en ce sens sont appelées « négationnistes de la science climatique », « négationnistes du changement climatique » ou « dénégateurs du réchauffement climatique ». Souvent le terme « négationnisme » est utilisé pour l’argumentation active contre la météorologie scientifique, et ceux qui soutiennent cette argumentation sont appelés « négationnistes».

Je me pose la question sur l’importance du 11 septembre par rapport à la météorologie, non seulement parce que de nombreux adhérents au Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre ont soutenu la négation du réchauffement climatique mondial, mais également parce que le succès de ce mouvement négationniste a été désastreux.

Comme je l’ai documenté dans un livre de 2015, le mouvement négationniste a été constitué et financé par l’industrie des énergies fossiles, et le doute créé a été utilisé pour retarder la législation destinée à restreindre l’usage des énergies fossiles – un retard qui peut avoir pour conséquence la destruction de la civilisation. Les négationnistes du climat appellent cette peur être « alarmiste ». Mais il est des périodes où l’alarme est appropriée et, dans l’argumentation de mon livre, c’en est un exemple édifiant. 
Je pense que c’est une honte que de nombreux adhérents au Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre aient été amenés à soutenir la propagande égoïste des industries des énergies fossiles. Je me demande si les convictions de ce mouvement – que l’histoire officielle sur le 11 septembre soit un mensonge – offre une base pour accepter le déni de la science météorologique.

La transition de l’un à l’autre se fait typiquement sur la base de deux croyances :

-        Les avertissements des scientifiques sur le réchauffement climatique sont analogues aux affirmations du gouvernement à propos du 11 septembre.
-        Tout comme les preuves confirment le mensonge du gouvernement sur le 11 septembre, les preuves démontrent que l’idée que la combustion des énergies fossiles menace la civilisation en réchauffant la planète est erronée.

Les deux premières parties étudieront successivement ces deux croyances; la troisième partie démontrera que nous nous trouvons en effet face à une urgence climatique.


Première Partie : Le 11 septembre et le Réchauffement climatique mondial présentent-ils des analogies ?

Parce que les affirmations concernant le réchauffement climatique sont analogues aux affirmations du gouvernement sur le 11 septembre, certaines personnes croient que les deux sont probablement fausses.
Mais les affirmations de l’administration Bush-Cheney sur le 11 septembre ne sont pas du tout analogues aux perceptions généralement admises sur le réchauffement climatique.


Le 11 septembre, le réchauffement climatique et la science

Un adhérent bien connu du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre, qui écrit sous le pseudonyme de « Victronix », a présenté des arguments sur les croyances habituelles sur le 11 septembre et le réchauffement climatique, qui sont non seulement très différentes, mais également opposées dans le sens où elles empêchent les croyances sur le 11 septembre de fournir une analogie avec les croyances des scientifiques sur le réchauffement climatique. L’idée que le réchauffement climatique soit un mensonge, souligne-t-elle, implique que « la grande majorité de la communauté scientifique complote ensemble pour créer un canular mondial – y compris la Russie et la Chine et la totalité du monde industrialisé – qu’une crise environnementale mondiale se prépare. En d’autres termes, des milliers de scientifiques de nombreux pays du monde, y compris de pays opposés entre eux, se seraient mis d’accord pour raconter un gros mensonge.

Par contraste, dit-elle, le 11 septembre n’a impliqué « qu’un seul gouvernement national (en collusion avec d’autres dirigeants de services de renseignement et de gouvernements qui en ont également bénéficié) à l’aide d’une science à l’accès limité et contrôlé dont les preuves sont complètement sous contrôle, détruites ou dissimulées ». Cette « science sous contrôle » est très différente de celle sous-jacente  dans le réchauffement climatique : « les scientifiques du monde entier peuvent enquêter et mènent des études qui ne font que confirmer et reconfirmer les mêmes résultats ». A la différence des évènements supposés qui sont utilisés pour prétendre que les Musulmans ont attaqué l’Amérique le 11 septembre, la science sur le réchauffement climatique est fondée sur « des évènements en cours dont les preuves sont disponibles à tous dans le monde entier pour qu’ils les étudient simultanément en utilisant la méthode scientifique et de simples instruments de mesure et d’analyse ».

Résumant ce sujet, les Australiens Will Grant et Rod Lamberts ont écrit : « L’idée d’un complot international fomenté à travers des douzaines de disciplines, des centaines d’institutions et des milliers de personnes est franchement risible. »

Une relation différente à la science peut également être énoncée d’une autre manière : la théorie du réchauffement climatique est analogue, non à la version du gouvernement américain sur les attentats du 11 septembre, mais au rejet par le Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre du compte-rendu du gouvernement : tout comme le Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre est soutenu par des scientifiques de diverses disciplines, y compris la physique et la chimie (ainsi que par des étudiants en architecture et en ingénierie), l’idée que les énergies fossiles provoquent le réchauffement climatique et par conséquent le changement du climat est soutenue par la plupart des scientifiques qui publient des travaux sur le changement climatique – en fait près de 97,5% d’entre eux.

Donc il s’agit d’une analogie adéquate : le Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre, qui est appuyé par des preuves scientifiques, est contesté par le gouvernement américain, que le Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre considère comme étant à l’origine des attaques. Et la théorie du réchauffement climatique, qui est fondée sur des preuves scientifiques, est contestée par les industries des énergies fossiles, que les climatologues considèrent comme les principaux responsables du réchauffement climatique mondial.

Donc dans chaque cas, les vues des scientifiques indépendants sont contestées par de grandes entreprises, qui ont clairement intérêt à remettre en cause les preuves scientifiques.

Par conséquent, l’idée que le scepticisme sur le 11 septembre est similaire au scepticisme sur le réchauffement climatique inverse la relation. Lorsqu’on prétend « qu’ils » trompent le public sur le réchauffement climatique, tout comme « ils » ont trompé le public sur les attaques du 11 septembre, il est nécessaire de savoir qui « ils » sont.

La meilleure piste pour savoir qui « ils » sont dans chaque cas est de déterminer qui profite de la supercherie.

Le Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre a formé un consensus global sur ceux qui ont bénéficié de la version officielle sur le 11 septembre : l’administration Bush-Cheney (qui voulait mettre la main sur les ressources minérales et le gaz naturel de l’Afghanistan* et qui planifiait d’attaquer l’Irak pour son pétrole) : les grandes compagnies pétrolières (dont les Directeurs faisaient secrètement partie du groupe de travail sur l’énergie constitué en 2000 par Dick Cheney) ; Israël (comme l’a déclaré le rapporteur de la Commission sur le 11 septembre, Philip Zelikow) ; l’armée américaine (dont le budget a énormément gonflé) ; et les services de renseignement américains (dont les budgets ont doublé après le 11 septembre). Mais qui sont « ils » dans le cas du réchauffement climatique ?
*l’auteur a oublié de mentionner l’opium afghan dans son énumération (NdT.)


Qui a bénéficié du déni sur le réchauffement climatique ?

Victronix a conclu son argumentation sur le réchauffement climatique en se posant la question : « qui a bénéficié de l’affirmation que l’implication humaine était un canular ? » La réponse à cette question est, bien sûr, les entreprises fournissant des énergies fossiles, qui ont dépensé des centaines de millions de dollars pour promouvoir la négation de la science météorologique.

Pendant de nombreuses années, le principal promoteur du déni de la météorologie  a été ExxonMobil, la société la plus rentable au monde, avec un bénéfice annuel de 40 milliards de $ et qui verse à son PDG un salaire annuel de plus de 30 millions de $.
En plus de payer des millions de dollars à des scientifiques, lobbyistes et politiciens pour promouvoir le déni du réchauffement climatique, ExxonMobil a dépensé au moins 25 millions de $ depuis 1998 pour financer plus de 100 organisations vitrines. ExxonMobil a de ce fait créé l’impression que le déni du réchauffement climatique avait émergé spontanément chez des scientifiques, des politiciens et des citoyens ordinaires. Selon un article de 2009 de Raw Story, un « groupe faisant la promotion du scepticisme climatique avait des liens importants avec ExxonMobil » (c’était sur un site web répondant à cet article où Victronix avait publié ses commentaires).

Le groupe en question, qui s’appelle le Groupe d’experts International Non-gouvernemental sur le Changement Climatique, a publié un rapport intitulé Climate Science Reconsidered (La Science Climatique Reconsidérée). Argumentant que le réchauffement climatique n’avait pas de cause humaine, ce rapport énonçait : « C’est la Nature, et non l’activité humaine, qui régit la planète. » De plus, en référence au livre à succès Merchants of Doubt (Marchands de Doute), le rapport affirmait que le réchauffement climatique mondial est « indiscutablement une bonne nouvelle » parce que les niveaux de CO2  augmentant « accélèrent la croissance des plantes et rendent les plantes plus résistantes à la sécheresse et aux maladies. »  

Le rapport négationniste a été publié et promu par le Heartland Institute, qui entre 1998 et 2009 avait bénéficié d’au moins 676 500 $ de financement de la part d’ExxonMobil. Le principal rédacteur du rapport était S. Fred Singer, qui avait eu une carrière scientifique notoirement désastreuse, ayant eu tort sur de nombreuses questions dans lesquelles il contestait le consensus scientifique. Mais sa carrière n’en a pas moins été une réussite financière.

En 1998, Singer a fondé une organisation appelée The Science and Environmental Policy Project (le Projet de Politique Scientifique et Environnementale), afin de commencer un livre sur le réchauffement climatique, et que ExxonMobil a financé à hauteur de 20 000 $ entre 1998 et 2000.

Comme Naomi Oreskes et Erik Conway l’ont remarqué dans Marchands de Doute, Singer avait précédemment contribué aux efforts de l’industrie du tabac pour empêcher toute réglementation sur la fumée environnementale, également appelée fumée passive. Singer a utilisé ce projet pour promouvoir ce qu’il a appelé la « science saine » et pour dénoncer la « science pourrie », par laquelle il désignait plus particulièrement le rapport de l’EPA* de 1992 selon lequel la fumée passive provoquait le cancer. Singer était également devenu le conseiller de la Coalition pour le Progrès de la Science saine (The Advancement of Sound Science Coalition), qui avait été fondée par Philip Morris pour attaquer le rapport de l’EPA, même si Philip Morris et a fortiori Singer savaient parfaitement que le rapport de l’EPA – qui était basé sur des études scientifiques du monde entier – était de la science saine et non pourrie.
*Agence de Protection de l’Environnement américaine (Environmental Protection Agency)

Singer avait précédemment gagné de l’argent en s’alliant aux efforts des industries qui voulaient éviter toute législation pour réduire les pluies acides. En 1983, il y avait un consensus scientifique écrasant sur le fait que la pluie acide était provoquée par le soufre émis lors de la combustion des énergies fossiles, et les Etats-Unis et le Canada devaient signer un accord pour réduire les émissions de soufre. Mais l’Administration Reagan, qui était fortement opposée à une telle législation, avait recruté Singer pour constituer une équipe sur les pluies acides, pour laquelle on lui a permis d’écrire une annexe séparée, affirmant que les preuves scientifiques étaient encore incertaines. Par conséquent les Etats-Unis n’ont pas signé l’accord avec le Canada et les niveaux de dioxyde de soufre n’ont pas baissé jusqu’en 1990 lorsque la législation fondée sur le consensus scientifique a été finalement adoptée.

Alors qu’il occupait le poste de responsable scientifique au Département du Transport de Reagan, Singer avait également mis en cause le consensus scientifique qu’un trou grandissant  dans la couche d’ozone (pôles) était provoqué par les chlorofluorocarbures (CFC), qui étaient utilisés dans les aérosols, les réfrigérateurs et les climatiseurs d’air froid. L’industrie des aérosols, essayant d’empêcher toute législation, avait recruté des scientifiques pour remettre en cause le consensus scientifique et Singer s’en était mêlé, en prétendant que la « peur de l’ozone » avait été créée par des « scientifiques corrompus ». Les scientifiques qui avaient démontré que les CFC dans la stratosphère détruisaient l’ozone gagnèrent le Prix Nobel, donc Singer a attaqué le comité Nobel ! Mais finalement, l’argument de Singer « se révéla faux, lorsque les CFC ont été interdits et que le trou dans la couche d’ozone commença à se réparer de lui-même* ».
*Il existe une version alternative de cette problématique, d’après laquelle c’est l’entreprise  DuPont, détentrice du brevet du Fréon© (un CFC, et principal gaz liquide propulseur utilisé dans les aérosols) qui aurait « inventé » l’histoire de la cause du trou dans la couche d’ozone. En effet, le brevet du Fréon allait tomber dans le domaine public, réduisant notablement les royalties perçues par DuPont, qui a ainsi provoqué un changement de législation qui lui permettait de déposer le brevet du successeur du Fréon. La seule chose qui est sûre, c’est que la polémique autour de la couche d’ozone est retombée aussi vite qu’elle avait surgi. (NdT.)

Néanmoins, malgré qu’il ait eu tort à de nombreuses reprises, Singer a été recruté par le Heartland Institute pour être le principal rédacteur de son rapport, le Panel International Non-gouvernemental sur le Changement Climatique, qui affirme que la combustion des énergies fossiles ne provoque pas de réchauffement mondial dangereux du climat. En plus de l’argent qu’il a gagné pour écrire ce livre, il a également été consultant pour plusieurs autres organisations financées par ExxonMobil, y compris Frontiers of Freedom (à qui ExxonMobil a versé au moins 1 272 000 $) et le National Center for Policy Analysis (à qui ExxonMobil a versé 615 900 $).

Est-ce que Singer croyait en ses arguments sur la fumée passive, les pluies acides, la couche d’ozone et les combustibles fossiles ? Cela semble peu probable, surtout si l’on s’en réfère aux informations provenant de documents qui avaient fuité. Par exemple, en 1965, un document montrait que les scientifiques de l’industrie du tabac étaient « unanimes dans leur opinion sur la fumée (du tabac) était … carcinogène. »

Le même schéma semble s’être reproduit par rapport au réchauffement climatique. Un document montre qu’en 1995 les propres experts scientifiques de l’industrie pétrolière ont affirmé : « Les fondements scientifiques sur l’Effet de Serre et l’impact potentiel des émissions humaines de gaz à effet de serre sont bien établies et ne peuvent être niées ». Néanmoins, tout comme les cigarettiers continuent de nier l’existence de preuves montrant que les cigarettes provoquent le cancer, ExxonMobil a non seulement continué à nier que les émissions dues à la combustion du pétrole et du gaz provoquaient le changement climatique, mais a dépensé des dizaines de millions pour payer d’autres scientifiques, comme Fred Singer, pour documenter un tel déni.

Pendant ce temps, Koch Industries, qui est concerné par divers types d’énergies fossiles, y compris les sables bitumineux au Canada, a commencé à investir encore plus de soutien financier sur le négationnisme du réchauffement climatique qu’ExxonMobil : entre 1997 et 2010, Koch Industries a dépensé plus de 67 millions de $ dans ce but. En ce moment, les Koch n’autorisent plus que leurs investissements soient retracés. Mais leurs contributions n’ont sans doute cessé d’augmenter, comme le suggèrent des reportages parus dans le Guardian et le Washington Post.

Deux trusts opaques (qui promettent l’anonymat total à leurs investisseurs), appelés Donors Trust et Donors Capital Fund, ont distribué à eux deux 118 millions de $ à 102 groupes, selon le Guardian. L’objectif de ces fonds était « de construire un vaste réseau de groupes de réflexion et de groupes d’activistes œuvrant vers un seul objectif : redéfinir le changement climatique à partir de faits scientifiques neutres en une « question tranchée » extrêmement pointue. Ce flux de financement, affirme le Guardian, « dépassait de loin le soutien accordé par des opposants plus visibles aux actions sur le réchauffement climatique tels que l’industrie pétrolière ou les milliardaires « libertariens » de Koch Brothers ».

Il est cependant possible que la plupart de ces financements soient venus des Koch : un reportage de 2014 du Washington Post suggérait que ces deux trusts opaques faisaient simplement partie d’un « Réseau politique soutenu par les Koch », lequel a levé des fonds à hauteur de 400 millions de $ pour des projets politiques de droite en 2012.

En tout cas, que Charles et David Koch aient versé plus de 100 millions de $ pour soutenir le négationnisme climatique, ou « seulement » 67 millions de $, c’était de la petite monnaie pour eux : en 2010, leur entreprise, Koch Industries, valait 35 milliards de $ ; en 2013, ils avaient porté leur richesse à 68 milliards de $. Il est évident qu’ils avaient tout intérêt à trouver un peu de monnaie pour promouvoir le déni du changement climatique, et donc bloquer toute législation visant à restreindre la combustion d’énergies fossiles, un investissement rentable.


Qui pourrait bénéficier des arguments fabriqués de toutes pièces sur le Réchauffement climatique ?

Il existe une réponse claire à la question de savoir à  qui bénéficie le déni du réchauffement climatique. Mais si la science météorologique est un mensonge, qui bénéficierait de la diffusion de ce mensonge ?

L’idée que le « gouvernement » - peut-être le gouvernement américain, ou les gouvernements américain et européens, ou peut-être la plupart des gouvernements du monde – aient monté de toutes pièces l’affaire du réchauffement climatique mettrait ce mensonge en parallèle avec celui du 11 septembre, chacun d’eux étant un mensonge créé par le gouvernement. Mais cela n’aurait aucun sens. Ni le gouvernement américain ni les gouvernements en général ne voulaient réduire la combustion des énergies fossiles. Les climatologues du GIEC* - en fait la plupart des climatologues partout dans le monde – ont plaidé auprès des gouvernements pour qu’ils réduisent l’utilisation d’énergies fossiles, mais dans presque tous les pays, leur utilisation a continué de progresser.
*Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (en anglais IPCC : Intergovernmental Panel on Climate Change)

Certaines personnes suggèrent que le « gouvernement » en question serait les Nations Unies. Mais les Nations Unies ne sont pas un gouvernement et n’ont aucun pouvoir d’agir hormis la volonté des nations de suivre leurs propositions – ou, dans le cas du Conseil de Sécurité, des nations qui le constituent. Les Nations Unies ont créé le GIEC et soutiennent son travail, mais elles n’ont aucun pouvoir pour agir sur le changement climatique à part organiser des réunions et publier des rapports. Et le GIEC n’a pas créé l’idée que les émissions des combustibles fossiles causaient le réchauffement climatique, qui à son tour provoque des changements climatiques. Au contraire, le GIEC a été constitué en réponse à un consensus croissant partagé par les climatologues sur ces relations.

Donc, s’il y a un coupable pour le canular du réchauffement climatique, cela doit être les scientifiques eux-mêmes. Et c’est en effet eux qui sont visés par les négationnistes. Par exemple, un film documentaire de 2007, « The Great Global Warming Swindle » (La Grande Escroquerie du Réchauffement Climatique), prétendait que le consensus scientifique mis en avant était le produit d’une « industrie activiste du réchauffement climatique » poussée par le désir de financer la recherche.

Certains climatologues sont effectivement à la recherche de subventions, et quelques-uns d’entre eux arrivent à en bénéficier. Mais il y a cinq raisons de douter que le désir des scientifiques d’obtenir des financements puisse expliquer leurs déclarations sur le réchauffement climatique :

Bien qu’il y ait beaucoup de supercheries dans le milieu scientifique – comme il a été largement documenté – les scientifiques qui s’engagent dans cette voie sont une petite minorité. Bien qu’il y ait de nombreuses raisons de critiquer la science officielle, peu de scientifiques s’engageraient volontairement dans la tromperie. Bien sûr, les scientifiques qui travaillent pour des grandes entreprises ou le gouvernement doivent parfois falsifier les preuves ou perdre leur emploi. Les adhérents du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre croient que tel était le cas des scientifiques du NIST (National Institute of Standards and Technology), qui ont été chargés de rédiger les rapports sur l’effondrement des Tours Jumelles et du WTC 7. Mais il s’agissait là d’un exemple de « science sous contrôle », ce qui, ainsi que l’a dit Victronix, « est très différent de la science (contrôlée par ses collègues) qui soutient le réchauffement climatique ».

Même si quelques climatologues importants avaient publié des preuves truquées du réchauffement climatique, ils n’auraient pas réussi à persuader la plupart des climatologues par milliers du reste du monde de soutenir leur faux arguments. Le fait que des scientifiques individuels soient des escrocs ne fournit pas la preuve que des milliers de scientifiques de par le monde puissent être persuadés de s’engager dans la voie de la supercherie.

Le soutien à la thèse du réchauffement climatique provient d’une grande variété de preuves matérielles. L’idée que toutes ces différentes expérimentations et essais puissent avoir été coordonnés pour soutenir les mêmes conclusions erronées vous donne le tournis.

Si la plupart des scientifiques étaient principalement motivés par l’argent, ils auraient choisi une autre carrière. Il est vrai que certaines personnes, après avoir choisi la voie scientifique pour de nobles raisons, se sont consacrées à devenir riches au-delà de toute mesure. Mais obtenir des subventions gouvernementales est rarement le chemin de la fortune. Comme le disaient Grant et Lamberts : « Dites au négationniste typique du Changement climatique (TCCD : Typical Climate Change Denier) d’aller sur n’importe quel parking d’université et de compter les voitures de luxe parquées près des bâtiments consacrés à la recherche scientifique. Ils n’auront même pas besoin de tous leurs doigts pour les compter. »

Il y a effectivement des scientifiques qui ont gagné des sommes significatives en écrivant sur le réchauffement climatique, mais ce sont des scientifiques qui ont plaidé contre la science climatique. Par exemple (en plus de Singer), prenez Patrick Michaels, qui a écrit beaucoup de livres et d’articles avec des titres tels que : « Global Warming Myth » (Le Mythe du Réchauffement climatique) et Climate of Extremes (Climat des Extrêmes). Michaels a servi de consultant pour un grand nombre d’organisations niant le réchauffement climatique financées par ExxonMobil. Et, en 2006, cela a déclenché la colère lorsqu’on a révélé qu’une association d’électricité issue de centrales au charbon avait, aux frais de ses adhérents, versé 100 000 $ à Michaels « pour contribuer à semer le doute sur la question du réchauffement climatique. »

Encore une fois, s’il y a une analogie entre le 11 septembre et le réchauffement climatique, ce n’est pas entre l’histoire officielle et la théorie du réchauffement climatique. C’est entre la science météorologique et la position de la Communauté pour la Vérité sur le 11 septembre. Tout comme un grand nombre de scientifiques indépendants ont rejeté la version officielle du 11 septembre, la plupart des climatologues rejettent l’idée que le réchauffement climatique soit un canular.


Et tout comme seuls quelques scientifiques dont les salaires sont payés par le gouvernement américain ont soutenu la thèse officielle sur le 11 septembre, Singer, Michaels et quelques autres scientifiques rémunérés par l’industrie des énergies fossiles ont soutenu la négation du changement climatique. Dans un cas la science indépendante est opposée au gouvernement ; dans l’autre, la science indépendante s’oppose aux grands pétroliers et charbonniers. Dans les deux cas, les preuves scientifiques sont balayées par la puissance de l’argent, que cela provienne du gouvernement ou des grandes entreprises privées.

La relation entre déni climatique et les attaques du 11 septembre a été décrite comme étant bien plus étroite par un ancien candidat du Vermont au Sénat américain, Craig Hill. « Ce que le coup monté du 11 septembre et le déni du réchauffement climatique ont en commun », écrit Jerry Mazza dans un résumé de la thèse de Hill, « c’est le pétrole et le gaz …, et le désir d’étancher la soif inépuisable pour ces combustibles fossiles ». En outre, affirmait Hill, tout comme les auteurs du 11 septembre se sont enveloppés dans un mythe et un mensonge scientifiquement infondé, les compagnies pétrolières ont également « enveloppé les conséquences désastreuses du réchauffement climatique dans un mythe et un mensonge scientifiquement infondé. »

En d’autres termes, dit Hill, aussi bien l’administration Bush-Cheney que les négationnistes du climat financés par ExxonMobil et les Koch ont su imposer au monde une théorie fausse dénuée de fondements scientifiques, particulièrement au peuple américain, pour le salut du pétrole. (Il est certain que la déclaration de Hill devrait être tempérée par le fait que, comme mentionné précédemment, le pétrole n’était pas le seul mobile des attentats du 11 septembre).


Deuxième Partie : Les preuves scientifiques réfutent-elles le Réchauffement climatique ?

En plus de suspecter le réchauffement climatique d’être un canular, certains adhérents du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre ont adopté le point de vue, promu par les négationnistes du changement climatique, que les faits ne confirmaient pas la théorie du réchauffement climatique. Au contraire, argumentent leurs dénégateurs, les faits montrent que la théorie du réchauffement climatique mondial est une supercherie.

Un de ces adhérents est le chimiste australien Frank Legge. En plus d’avertir Victronix qu’elle devrait « être plus prudente sur le thème du réchauffement climatique comme argument parce qu’il repose sur des bases plutôt fragiles du point de vue scientifique », il a écrit en 2008 un article intitulé : « L’urgence du Réchauffement climatique ». Etant donné que cela remonte à quelques années, j’ai écrit à Legge en novembre 2014 pour lui demander s’il s’en tenait toujours aux arguments de cet exposé. Il a répondu que s’il l’écrivait maintenant, il mettrait à jour certains éléments, mais « que le sens général serait exactement le même. »

Legge a dit que la conclusion qu’il y avait une urgence climatique exigerait de vérifier trois arguments :

-        « le réchauffement climatique est en cours, n’est pas habituel, et l’affirmation que la température et le niveau des mers vont continuer à s’élever doit être fondée sur des données scientifiques solides ;
-        les températures actuelles et prévisibles sont inhabituelles et dangereuses ;
-        le réchauffement est principalement dû aux rejets par l’homme du dioxyde de carbone »


1.- Le réchauffement climatique est-il significatif et destiné à se poursuivre ?

Cela suggère que le réchauffement climatique mondial, pour autant qu’il existe, sera limité et à court terme. Legge fonde cette hypothèse sur plusieurs affirmations émanant de négationnistes de la science climatique.

Données satellites

Dans une de ses argumentations, Legge a écrit : « La récente période de réchauffement donne des signes qu’elle va prendre fin : des mesures par satellite de la température atmosphérique mondiale montrent que la température a baissé au cours de cette décennie ». Pour conforter cet argument, Legge s’est référé à l’avis de Roy Spencer, un des rares climatologues qui rejette le consensus de ses collègues. Mais citer les arguments de Spencer sur les mesures par satellite n’ajoute en rien à la crédibilité de l’hypothèse de Legge.

Dans les années 1990, Spencer et son collègue négationniste John Christy ont prétendu que les données des satellites ne montraient aucun réchauffement – que la troposphère ne se réchauffait pas en conjonction avec le réchauffement à la surface.

Joe Romm, un physicien qui a fondé Climate Progress – un des sites web les plus respectés qui traitent de la science du climat – a dit que Spencer et Christy avaient « créé un des mythes négationnistes les plus durables », à savoir « que les données des satellites ne montraient pas le réchauffement mondial qu’indiquait la température de surface ». Un scientifique a écrit sur le site RealClimate :

« Spencer et Christy ont permis pendant presque une décennie – et ont même encouragé – l’utilisation de leurs données comme une icône pour les sceptiques du réchauffement climatique. Ils ont commis des erreurs en série dans l’analyse des données, mais … n’ont presque rien fait pour éliminer de possibles sources d’erreurs, et ont laissé aux autres le soin de faire le ménage dans leur fouillis. »

La manière dont Spencer et Christy avaient traité cette question, avec quelques autres, a incité Romm à écrire un article demandant : « Devriez-vous croire quoi que ce soit de ce que disent John Christy et Roy Spencer ? »


L’effet des îlots de chaleur urbains

En plus de soutenir l’argument de Spencer de préférer les données des satellites aux autres preuves, Legge a ajouté : « Il y a un débat en cours sur le fait de savoir si on a tenu suffisamment compte des effets de l’empiètement urbain sur les stations de mesure de température ». Legge se référait ici à l’effet appelé « îlot de chaleur urbain » (Urban Heat Island ou UHI), qui peut se produire lorsque les stations météo sont situées dans des zones urbaines où l’air a tendance à être plus chaud que dans les zones rurales. Son collègue le négationniste climatique Patrick Michaels a prétendu qu’au moins la moitié du soit disant réchauffement climatique est du à ce phénomène.
Legge, cependant, a cité le négationniste climatique qui a le plus insisté sur ce phénomène, l’ancien présentateur météo de télévision Anthony Watts, qui possède un site web appelé Watts Up With That (Qu’en est-il de ça). Watts a longtemps prétendu que les enregistrements de température avaient été faussés par le fait que la plupart des relevés étaient effectués dans des zones urbaines. En 2010, Watts a écrit : « L’effet UHI est facilement observable. J’en ai parlé à mes lecteurs depuis que ce blog existe. »
En 2010, quand Watts a fait ce commentaire, pour diverses raisons il semblait qu’un projet appelé Berkeley Earth Surface Temperature (BEST), organisé par le professeur à l’Université de Californie Berkeley, Richard Muller, allait bientôt confirmer les dires de Watts. Comme l’a expliqué Joe Romm :

Muller avait souvent critiqué la science climatique, croyant que beaucoup de scientifiques et leurs admirateurs, y compris Al Gore, avaient exagéré les preuves. En outre, les accusations du « Climategate » lui avaient fait suspecter que les climatologues avaient « dissimulé des données discordantes », ce qui l’avait amené à examiner les affirmations des bloggeurs négationnistes.
Muller a choisi comme climatologue Judith Curry qui, selon Romm, porte « maintenant la couronne de la personne la plus démentie dans la blogosphère scientifique » et qui, en fait, « a abandonné la science ».
Le multimilliardaire négationniste Charles Koch devait financer l’étude, et Watts et d’autres négationnistes ont même été autorisés à travailler avec l’équipe BEST.

Cependant, Muller avait choisi de bons scientifiques pour mener l’étude, y compris un scientifique de pointe Robert Rohde, et l’étude n’a pas produit les résultats attendus par les négationnistes. Basés sur les données provenant de 40 000 stations météo du monde entier, les résultats de l’étude, annonça la BBC, étaient « remarquablement similaires à ceux produits par les trois groupes établis les plus importants, dont les travaux avaient été décriés comme non fiables et médiocres dans les cercles de sceptiques » - à savoir les rapports de la NASA, de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), et de la  « collaboration entre l’Office météorologique britannique et l’Unité de Recherche climatique de l’Université d’East Anglia, dont les courriels ayant provoqué la fureur du « Climategate » avaient été piratés . Muller déclara à la BBC : « Notre plus grande surprise a été que les nouveaux résultats correspondaient aussi et exactement aux valeurs de réchauffement publiées précédemment par d’autres équipes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. »

Dans un article du Wall Street Journal, Muller a écrit:

« Lorsque nous avons commencé notre étude, nous avions le sentiment que les sceptiques avaient soulevé des questions légitimes, et nous ne savions pas ce que nous allions découvrir. Il s’avère que nos résultats ont été proches de ceux publiés par des groupes précédents. Nous pensons que cela signifie que ces groupes ont été très prudents dans leur travail, en dépit de leur incapacité à convaincre certains sceptiques … Le réchauffement climatique mondial est une réalité. Peut-être que nos résultats aideront à calmer cette partie du débat sur le climat. »

Ecrivant dans le New York Times, Muller s’est qualifié lui-même de « sceptique converti ».
Il croit à présent, dit-il, que les estimations précédentes du taux de réchauffement étaient correctes et « que tout l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre résulte essentiellement des activités humaines. »

Avant que le rapport de Muller ne soit publié, Watts avait écrit : « Je suis prêt à accepter le résultat qui en sortira, même s’il prouve que mon hypothèse était fausse. Je fais ce pas important parce que la méthode a de l’avenir. » Cependant, après avoir appris les résultats, Watts s’est récusé. Il a d’abord refusé d’accepter le rapport de Muller sous prétexte qu’il n’avait pas été vérifié par ses collègues. « Lorsque la vérification par la science et les collègues sera terminée », avait prédit Watts, « les résultats risquent de paraître différents. »

Cependant, quand le rapport a été publié (dans un journal vérifié par des collègues), les résultats contenus dans cinq communications, n’étaient pas différents. Dans une interview, en outre, Muller a mis en évidence le point principal du rapport concernant les UHI, en disant « les îlots de chaleur urbains contribuent pour quasiment rien au réchauffement. » Ce rapport, qui remettait en cause le principal titre de gloire de Watts, n’a jamais recueilli son assentiment, malgré sa promesse.


Sensibilité : la Rétroaction est Négative

Les climatologues reconnaissent qu’ils ont une compréhension imparfaite de la « sensibilité climatique », c’est-à-dire à quel point la planète va se réchauffer en raison des diverses rétroactions affectant le climat. La sensibilité est habituellement discutée en termes d’augmentation de la température provoquée par un doublement de la concentration en CO2 préindustrielle de 275 parts par million (ppm) à 550 ppm. Si la sensibilité est très faible, le doublement de la concentration de CO2 ne ferait pas augmenter sensiblement la température de la planète. Mais si la sensibilité est très élevée, le doublement sera catastrophique. Le GIEC situe l’augmentation probable de la température entre 2 et 4,5°C, 3°C étant le plus probable, et James Hansen, dont les idées sont prises très au sérieux par ses collègues scientifiques, est d’avis que l’augmentation sera plus proche du haut de la fourchette.

Au contraire, Roy Spencer est d’avis que la sensibilité est bien plus faible – si faible en fait, selon les dires de Legge, que la rétroaction sera négative, non positive, si bien « qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer ».

En 2011, Spencer a publié cette opinion dans un article qui a été sévèrement critiqué par les climatologues. Par exemple, Kevin Trenberth a écrit :

« Il est évident que cet article n’a pas été correctement vérifié par les collègues. Il n’aurait pas dû être publié parce qu’il ne présente aucun intérêt. »
Le fait qu’il ait été publié a provoqué la démission de l’éditeur du journal, disant que l’article de Spencer était « fondamentalement erroné et de ce fait avait été accepté à tort » par le comité de vérification que l’éditeur avait sélectionné.


2.- Réchauffement actuel et prévisions : ni inhabituel ni dangereux ?

Dans la continuité de l’affirmation de Legge que si jusqu’ici il y a un certain réchauffement mondial, il est négligeable et à court terme, il a également affirmé que le réchauffement n’est ni inhabituel ni dangereux.



La période de l’optimum climatique médiéval

Il a fondé principalement son opinion sur la période de l’optimum climatique médiéval*, citant des récits négationnistes prétendant que durant cette période – qui s’est étendue du 10ème au 15ème siècle – la planète était plus chaude qu’aujourd’hui. Se référant au fait que les Vikings avaient des fermes au Groenland, Legge affirme qu’ « il semblerait que la température actuelle n’est de loin pas aussi élevée que durant la période de l’optimum climatique médiéval. »

*L’optimum climatique médiéval est aussi appelé réchauffement climatique de l’an mil ou embellie de l’an mil

Cependant, un article de Skeptical Science affirmait : « La période de l’optimum climatique médiéval n’était pas un phénomène mondial. Le réchauffement était concentré dans certaines régions. » Il y avait en effet des régions qui étaient plus chaudes qu’elles ne l’étaient en 1990. Cependant, « certaines régions étaient mêmes plus froides qu’au cours du  Petit Age Glaciaire. Prétendre que l’Optimum Climatique Médiéval (en anglais MWP) était plus chaud qu’aujourd’hui revient à se focaliser sur quelques régions qui connaissaient une chaleur inhabituelle. « Si on les considère globalement, les températures durant la période médiévale étaient inférieures à celles d’aujourd’hui. »


De plus, un rapport de 2012 du journal Geology, dirigé par un scientifique de l’Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’Université de Columbia, a affirmé que « l’optimum climatique médiéval n’était après tout pas aussi chaud que cela – et certainement pas aussi chaud que le climat actuel ». Même des îles situées à plus de 600 km au nord de la Norvège, dit-il, ont connu au cours des 25 dernières années des températures de 2°C à 2,5°C supérieures … aux étés que connaissaient les Vikings.









La période de réchauffement actuelle



A la question de savoir si les températures actuelles sont dangereuses dans le sens où elles peuvent mener à un réchauffement climatique incontrôlé, Legge est d’avis que cela « semble improbable … étant donné que cela ne s’est pas produit au cours des périodes de réchauffement précédentes. » Cependant, cette probabilité ne peut pas être étudiée indépendamment de ce qui a provoqué le réchauffement récent, que Legge suppose n’être qu’un exemple de plus de la variabilité naturelle des températures.

L’hypothèse de Legge ne correspond pas aux faits. Un des problèmes c’est que, après une longue période de baisse, il s’est produit un accroissement sans précédent de la température mondiale au cours du 20ème siècle. Un graphique retraçant l’évolution de la température au cours du millénaire écoulé fait apparaître le 20ème siècle comme une ligne verticale, faisant ressembler le graphique à une crosse de hockey – un changement qui ne pouvait pas être considéré comme naturel. Depuis que le physicien Michael Mann a utilisé ce graphique dans un article de 1998, les négationnistes ont prétendu qu’il était basé sur des erreurs – disant, par exemple, que la « crosse de hockey était cassée ». Cependant, les conclusions de Mann ont été confirmées par plusieurs études utilisant différentes sources, y compris les forages, les coraux, les carottages de glace, les stalagmites et les anneaux de croissance des arbres (dendrochronologie).

La tentative d’expliquer l’augmentation du 20ème siècle comme un exemple de variation naturelle des températures devient encore plus difficile selon une étude scientifique de 2013 sur la température mondiale au cours des derniers 11300 ans. Cette étude montre que la planète, à part l’optimum climatique médiéval, s’est refroidie pendant 5000 ans. Mais au 20ème siècle, cette longue période de refroidissement s’est terminée brutalement, avec un taux de réchauffement depuis 1900 qui est 50 fois plus important que le taux de refroidissement des 5000 ans précédents.

Les négationnistes du réchauffement climatique essaient d’expliquer cette élévation de la température mondiale par l’augmentation des radiations solaires, ce qui était vrai pour l’optimum climatique médiéval. Cependant, l’accroissement des radiations solaires s’est stabilisé après 1950, si bien que depuis 1970 les gaz à effet de serre ont été le principal facteur du réchauffement mondial. Depuis 1970, en fait, le Soleil et la température ont évolué dans des directions opposées. Alors que le Soleil a connu une légère tendance au refroidissement, le climat n’a cessé de se réchauffer. Comme un scientifique l’a formulé : « nous devrions nous rafraîchir, mais ce n’est pas le cas. »

Ce contraste a été formulé par le physicien Stefan Rahmstorf de l’Institut de Recherche sur l’Impact du Climat de Potsdam. « En une centaine d’années, le refroidissement des 5000 dernières années a été annulé », dit Rahmstorf. « Sans l’accroissement des gaz à effet de serre provoqué par l’activité humaine, la lente tendance au refroidissement se serait poursuivie. »


3.- Le rôle du dioxyde de carbone

En présentant ce dernier argument – que le CO2 ne peut pas expliquer le réchauffement récent quel qu’ait été son importance – Legge a utilisé plusieurs éléments classiques des négationnistes, qui ont tous reçu une réponse dans la documentation scientifique, et que Skeptical Science a présenté d’une façon plus systématique.


Le CO2 joue-t-il un rôle mineur par rapport à la vapeur d’eau ?

Une des raisons pour lesquelles Legge prétend que l’augmentation du CO2 ne peut pas expliquer grand-chose serait que : « il joue un rôle mineur comparé à la vapeur d’eau ». Son argument consiste à dire, que la vapeur d’eau est le gaz à effet de serre prédominant et qu’il contribue à l’essentiel de l’effet de serre, le CO2 joue un rôle insignifiant.

Cependant, même si la vapeur d’eau est en effet le principal gaz à effet de serre, c’est également l’agent rétroactif prédominant. Et lorsque que les émissions de CO2 font monter la température, l’évaporation augmente, rejetant plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère, ce qui contribue encore à augmenter la température. Cela constitue, par conséquent, une boucle rétroactive positive. La rétroactivité de la vapeur d’eau double le réchauffement causé par le CO2 seul. Comme l’a expliqué Skeptical Science :

« Sans aucune rétroactivité, un doublement du niveau de CO2 pourrait réchauffer la planète de 1°C. A elle seule, la vapeur d’eau double approximativement le montant du réchauffement du CO2. Si l’on y ajoute les autres  effets rétroactifs …, le réchauffement total causé par un doublement du niveau de CO2 s’élève à 3°C. »

Un autre facteur important, c’est que, alors que la vapeur d’eau dans l’atmosphère est de courte durée (elle résulte de l’évaporation et puis retombe sous forme de pluie et de neige), le CO2 y reste pendant près d’un siècle. Donc une fois que le CO2 est entré dans l’atmosphère, il va augmenter la vapeur d’eau, avec son puissant effet de serre, pendant une longue durée.

En conséquence, on ne devrait pas dénigrer l’importance du CO2 en comparaison avec la vapeur d’eau. En effet, ils s’associent. C’est la relation de rétroactivité positive entre eux qui explique pourquoi le climat est aussi sensible aux émissions additionnelles de CO2.


L’accroissement de CO2 a suivi l’augmentation de la température ?

Selon Legge, c’est une « vérité qui dérange* » Al Gore « que la température ait augmenté près de 1000 ans avant l’accroissement du niveau de CO2 ». Legge se référait au fait que, en se basant sur les données des carottages de glace des 400 000 dernières années, les variations de CO2 ont suivi les changements de température avec un décalage de 600 à 1000 ans. Cet élément a été utilisé par les négationnistes, tels que le membre du Congrès américain Joe Barton du Texas, pour prétendre que le réchauffement mondial actuel ne pouvait pas s’expliquer par l’augmentation du pourcentage de CO2 dans l’atmosphère.
*allusion au film « Une vérité qui dérange » de David Guggenheim de 2006 basé sur une présentation multimédia d’Al Gore (ancien Vice-président de Bill Clinton et Prix Nobel de la Paix 2007)

Cependant, alors que l’augmentation de température initiale au cours de cette période était due à des changements dans l’orbite de la Terre autour du Soleil, elle a entraîné un processus de rétroactivité positive : l’augmentation de la température des océans a provoqué des libérations de CO2 dans l’atmosphère provenant des océans, qui ont accru le réchauffement de la planète, qui à son tour a provoqué la libération de plus en plus de CO2 des océans, et ainsi de suite. Ainsi que l’a expliqué Skeptical Science :
« Cette rétroactivité positive est nécessaire pour déclencher les transitions entre époques glaciaires et interglaciaires car l’effet des changements orbitaux est trop faible pour provoquer de telles variations ».
En fait, a poursuivi Skeptical Science : « Alors que les cycles orbitaux ont déclenché le réchauffement initial, au total, plus de 90% du réchauffement glaciaire-interglaciaire s’est produit après l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère. »


Une pause dans le réchauffement climatique mondial ?

Dans un troisième argument pour contrer l’augmentation du CO2, Legge a affirmé que « il est difficile de percevoir une quelconque corrélation entre l’augmentation du niveau de CO2 et la température au cours de la dernière décennie ». Cette déclaration reflète un fait apparent qu’alors que le CO2 et la température de l’air à la surface avaient évolué conjointement dans les années 1980 et 1990, les deux ont semblé diverger à partir du siècle actuel ; alors que les ppm de CO2 ont continué à progresser, l’augmentation de la température de l’air a semblé ralentir. Cette apparence a mené à tirer la conclusion qu’il y avait un arrêt – ou du moins une pause – dans le réchauffement climatique mondial.
Cependant, cette conclusion était basée sur l’équation entre la température de la planète et la température de l’air à sa surface. Il s’agit d’une grossière erreur, parce que « près de 90% du réchauffement de la planète est absorbé par le réchauffement des océans. »
Par conséquent, il n’y a pas vraiment eu de pause, mais seulement – selon les termes de Joe Romm, une fausse pause. Ce qui s’est produit est qu’un pourcentage plus élevé du réchauffement qu’auparavant, qui a été absorbé par les profondeurs de l’océan, évidemment en raison des changements dans les alizés.

Le Jumeau maléfique du Réchauffement climatique

A peu près la moitié du CO2 d’origine humaine produit depuis le début de l’ère industrielle a été absorbée par les océans, et cette absorption a entraîné une acidification des océans, que Jane Lubchenco – qui a dirigé la NOAA – a appelé le « jumeau également maléfique » du réchauffement climatique.

L’acidification des océans résulte du fait qu’environ 30 pourcent de nos émissions de CO2 ont été absorbées par les océans. Cette absorption réduit le réchauffement de l’atmosphère qui serait produit autrement par ces émissions. Mais cette absorption réduit également le niveau du pH des océans, rendant ainsi l’eau plus acide. Des tests ont prouvé que depuis la révolution industrielle, il y a eu une augmentation de 30% de l’acidité de l’océan. Cette acidité augmente lorsque le CO2 se mélange avec l’eau en produisant de l’acide carbonique (H2CO3). Tout comme l’acide carbonique ronge les cavernes calcaires, il fait de même pour les animaux à squelette calcaire, qui représentent un grand pourcentage de la vie marine. L’augmentation du pourcentage d’acide carbonique rend extrêmement difficile la calcification des squelettes de ces organismes, tels que le plancton, les coraux, les crabes, les moules, les huîtres et les escargots.
A présent, le CO2 de la planète dépasse légèrement les 400 ppm. S’il atteint les 500 ppm, selon un expert : « vous pouvez dire adieu à la calcification dans les océans ». Si cela arrive, le phytoplancton et les coraux vont mourir, ce qui signifiera la mort de tous les animaux marins, depuis le plancton jusqu’aux baleines en passant par les poissons. Et cela devrait grandement aggraver le problème de la chaine alimentaire, parce que les océans constituent la principale source de nourriture de 3,5 milliards d’individus.


Troisième Partie : Etat d’urgence climatique

Une fois avoué que la récente augmentation de la température n’est pas due à une variation naturelle, mais à l’accroissement des gaz à effet de serre, il devient évident que le changement climatique est dangereux, non seulement en raison du risque de l’extinction des aliments marins et d’un réchauffement incontrôlé, qui sont probables si le réchauffement se poursuit, mais également de diverses conséquences du changement climatique, telles que la montée du niveau des océans.

Tout en admettant que le niveau des mers ait monté, Legge a affirmé que « au cours des dernières années, il semblerait qu’il ait baissé ou du moins qu’il se soit stabilisé. »

Cependant, si le pourcentage de CO2 et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère continue d’augmenter, le niveau des mers, qui a monté d’environ 20 centimètres au cours du 20ème siècle, montera beaucoup plus vite au cours de notre siècle. Jusqu’à une période récente, les scientifiques du GIEC s’attendaient à une montée d’environ 1 mètre en 2100, certains scientifiques prévoyant près de 2 mètres. Mais en 2015, le météorologue de pointe James Hansen et 16 de ses collègues ont publié une nouvelle étude concluant que, si les énergies fossiles ne sont pas radicalement réduites, les océans pourraient monter de près de 3 mètres avant la fin du siècle.

La mer est déjà montée suffisamment pour forcer des habitants – tels que ceux du Bangladesh, des Sundarbans (Delta du Gange) et des Iles Carteret (Papouasie-Nouvelle Guinée) – à émigrer, parce que leurs terres ont été soit inondées, ou sont devenues trop salées pour être cultivées. Le même sort menace les zones côtières de nombreux pays, y compris l’Australie, la Chine, le Japon et les Etats-Unis. « Si vous vivez dans le sud de la Floride et que vous ne construisez pas de bateau », a dit un professeur de géologie de Floride, « vous ne regardez pas la vérité en face ».

De plus, bien que la montée du niveau de la mer n’apparaisse pas comme le danger le plus évident provoqué par le changement climatique causé par le réchauffement mondial – comme je l’ai documenté dans la première partie de mon ouvrage : Unprecedented : Can Civilization Survive the CO2 Crisis ?, le climat, qui est récemment devenu extrême, va continuer à empirer.

Les vagues de chaleur vont devenir plus chaudes, pour finalement devenir tellement chaudes que les humains et les plantes ne seront plus capables de survivre.
Les sécheresses seront plus fréquentes et dureront plus longtemps, certains endroits devenant secs en permanence ; et le temps sec provoquera des incendies de plus en plus fréquents et violents.
Les tempêtes en tout genre – pluies torrentielles, tempêtes de neige, cyclones, ouragans – deviendront plus mortelles.
L’eau fraîche sera de plus en plus rare, en raison de divers facteurs, y compris le manque de neige et la fonte des glaciers (qui fournissent la principale source d’eau à des milliards de personnes).
La nourriture deviendra insuffisante en raison de la sécheresse, de la chaleur excessive, de la montée du niveau des mers, et de la raréfaction de l’eau fraîche (ainsi que par la perte de la nourriture marine due à l’acidification des océans).
La montée du niveau des mers et d’autres caractéristiques des perturbations climatiques vont créer de plus en plus de réfugiés climatiques et de guerres climatiques.

Contrairement aux suppositions de Legge, nous nous trouvons bien dans une situation d’urgence climatique.

Le site web de Skeptical Science – qui plaide pour « devenir sceptiques à propos du scepticisme sur le réchauffement climatique » - a réfuté (sous la rubrique « Arguments ») plus de 175 affirmations des négationnistes, en commençant par les plus populaires, telles que : « le climat a déjà changé par le passé », « c’est l’effet du soleil », « ce n’est pas si grave » et « il n’y a pas de consensus ». Dans la plupart des cas, on peut rapidement prouver que ces affirmations sont fausses avec une petite étude, donc les gens qui les propagent sont soit des imposteurs soit dupés.

Les imposteurs sont les entreprises qui exploitent les énergies fossiles, ainsi que leurs complices engagés, qui diffusent ces affirmations tout en sachant qu’elles sont fausses. Comme cela a été mis en évidence précédemment, les compagnies pétrolières sont au courant depuis 1995, tout comme les cigarettiers savent que les cigarettes sont carcinogènes depuis 1965.

Ceux qui sont dupés, sont ceux qui croient ces affirmations tout en ignorant, comme l’a formulé le journaliste Mark Hertsgaard, « qu’ils ne font que répéter des arguments qui ont été développés à l’origine par les grands intérêts financiers. »

De nombreux négationnistes s’identifient au Tea Party, qui a été à l’origine présenté par la presse comme s’il s’agissait d’un mouvement spontané issu de la base. En réalité, cependant, il s’agit d’un exemple de spontanéité artificielle, par laquelle des campagnes apparemment issues de la base ont été élaborées de toutes pièces pour dissimuler l’identité du parrain. Dans le cas présent, le Tea Party a été créé par les frères Koch (dont le père avait été l’un des fondateurs de la John Birch Society*), et particulièrement par David Koch par le biais de son organisme  Americans for Prosperity. Bien que « Americans for Prosperity » prétende être une organisation issue de la base, et bien que David Koch ait essayé d’en nier la responsabilité, les preuves démontrent qu’il s’agit dans une large mesure de sa création – comme mentionné dans le titre de l’article de Jean Mayer dans le New Yorker : « Opérations secrètes », ainsi que le titre de l’article du New York Magazine : « Le Parti du Milliardaire ».
*La John Birch Society est une organisation ultraconservatrice d’extrême-droite fondée en 1958 ( NdT.)

Les opérations secrètes du milliardaire ne sont menées qu’au nom de causes qui soutiennent les intérêts financiers de Koch, qui ne sont généralement pas ceux des membres du Tea Party. Frank Rich a écrit à ce sujet :

« Lorsque David Koch a postulé à droite de Reagan pour le poste de vice-président à l’élection de 1980 …, sa campagne demandait l’abolition non seulement de la Sécurité sociale, des services fédéraux de réglementation et d’aide sociale, mais aussi du FBI, de la CIA, des écoles publiques – en d’autres termes, de toute action gouvernementale qui pourrait limiter ses profits ou augmenter ses impôts. »

Bien que les Koch se désignent eux-mêmes des libertariens, ce sont des « libertariens qui haïssent la libre-concurrence » (cité dans un article désignant les frères Koch comme « les plus cupides en Amérique »).

Dans un article intitulé « Le mouvement du Tea Party : induit en erreur et inspiré par des milliardaires », George Monbiot a affirmé que le Tea Party était « principalement composé de gens passionnés et bien-intentionnés qui croient se battre contre le pouvoir de l’élite, sans se douter qu’ils sont dans une organisation créée par les intérêts mêmes qu’ils croient combattre. »

De même, Frank Rich a écrit que les projets des Koch vont souvent à l’encontre des « intérêts de ceux qui servent de figurants dans les débats politiques organisés par Fox News », à la suite de quoi Rich a ajouté : « Les frères Koch doivent se tordre de rire sur le chemin de la banque en sachant que des Américains laborieux contribuent et se font les complices de leurs intérêts égoïstes ». Et les frères Koch continuent, incidemment, à se rendre à la banque : entre 2010 et 2013, comme mentionné précédemment, ils ont augmenté la valeur de leur entreprise de 35 à 68 milliards de $.
Leur fortune personnelle est de $ 42.9 milliards (propriétaires de Koch Industries, principalement dans les produits de base : pétrole, chimie, fibres, papier)



Conclusion

J’ai écrit cet article parce que des membres du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre ne devraient pas se laisser abuser par les entreprises d’énergies fossiles et les organisations de façade qu’elles ont créées. Etant d’avis que l’administration Bush-Cheney a fourni au public une version dénuée de fondements scientifiques de ce qui s’est passé le 11 septembre, les membres de ce mouvement ne devraient pas accepter le déni totalement infondé scientifiquement du réchauffement et du changement climatique. En considérant la version officielle du 11 septembre comme un mensonge égoïste vendu par le Pouvoir politique, les membres du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre ne devraient pas être dupes du mensonge égoïste répandu par le Pouvoir financier.



David Ray Griffin est professeur agrégé de philosophie des religions à l’Université Claremont et à l’Ecole de Théologie Claremont. Son ouvrage le plus récent est : Unprecedented : Can Civilization Survive the CO2 Crisis ? (Clarity Press, 2015).

http://www.paulcraigroberts.org/pages/about-paul-craig-roberts/

http://www.forbes.com/billionaires/list/



Traduction Patrick T rev Isabelle








1 comment:

  1. Autant on peut approuver la position de l'auteur sur les affaires Kennedy, l'attentat du 11 septembre et autres, autant je suis consterné de constater que, d'une part, il est utilisé le terme négationiste -terme particulièrement chargé et d'un usage scandale dans le cas qui nous occupe - pour qualifier ceux qui contestent l'hypothèse selon laquelle l'homme serait responsable du réchauffement climatique, d'autre part il est utilisé l'argument de majorité, argument qui n'a aucun sens dans le domaine des sciences (l'exemple le plus connu étant celui de Galilée, pratiquement seul face aux scientifiques de son époque).
    De même que les négationnistes du climat fustigés par l'auteur, j'attends moi aussi, en tant que contributeur régulier de sites climato-sceptiques, la moindre enveloppe des Big Oils que moi et mes pareils seraient supposés servir.
    Je regrette de Paul Craig Roberts, dont j'apprécie énormément les analyses politiques, se prête à ce genre de propagande indigne de lui.
    PS Je signerai bien de mon nom si je trouvais comment faire

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Manlio Dinucci


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